La meilleure réponse à Trump
Par Nabil Ben Ghanem Nabil Ben Ghanem
Publié le 17 Mar, 2025
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Il est des leaders qui savent tracer le destin de leur pays. D’autres au contraire sont une malédiction. Trump fait il partie de la première ou de la seconde catégorie ?

En apparence la première car ce monsieur monnaye tout et essaie de redresser l’économie de son pays à coups de milliards. Sur le plan économique il pourra réussir mais sur le plan stratégique et sur le long terme il risque de confisquer l’avenir de son pays et faire des USA un pays paria parmi les nations.

À la provocation d’annexer le Canada, les canadiens ont réagi rapidement ; c’est peut être le pays qui a le plus mesuré l’ampleur de la menace. Mobilisation en douce de l’armée canadienne et initiation d’entraînements et de mouvements des troupes de l’armée de terre pour parer à toute tentative hasardeuse contre leur territoire. Hymne national américain hué lors des manifestations sportives américano-canadiennes . Une solidarité exemplaire de ce peuple qui a commencé à créer des groupes de soutien sur les réseaux sociaux pour boycotter les produits américains et les substituer par leurs équivalents canadiens.

Ce fut la plus impressionnante réponse d’un peuple qui montre un degré de résilience et de maturité rarement observé actuellement de par le monde.

À la réponse d’annexer le Groenland, la première ministre danoise a répondu qu’elle est également prête à acquérir la Californie. Même si la réponse semble exprimer une certaine légèreté, le Danemark a commencé à déplacer des navires de guerre et a demandé des alliances de circonstance en cas de conflit.

Trump ne semble pas mesurer l’impact désastreux de ses déclarations. La déclaration de déplacer les palestiniens de Gaza n’est autre qu’un génocide annoncé. Ce peuple ne l’acceptera pas et les États-Unis vont, pour ce faire, autoriser aux israéliens l’utilisation des nouvelles bombes interdites par Biden à l’état hébreux, mais données en cadeau à Netanyaou lors de son dernier voyage à la maison blanche. Les pays concernés par ce renvoi massif et ces déplacements de populations forcés, ont réagi mollement ; ceci dénote la faiblesse des dirigeants arabes. Abdallah le roi de Jordanie est apparu devant Trump dans une position humiliante devant son peuple.

Le faste affiché par Trump à la réception de Netaniayou, à qui il a déplacé la chaise pour
s’assoir, contraste avec ce roi qui apparaît comme un élève devant son maître qui lui dicte ses devoirs. Devant la sommation de recevoir les palestiniens, le roi a répondu qu’il accepterait uniquement 2000 enfants pour les soigner.Il n’avait pas le courage d’exprimer le fond de sa pensée.

Trump a également convoqué le président égyptien. Ce dernier s’est contenté d’envoyer une délégation pour exprimer son refus de cet exode forcé . Trump a pris la parole pour parler du général Sissi et non du président Sissi. « En clair tu es notre vassal et l attribution des titres sont notre privilège. » En réponse à cette humiliation Sissi a juste ordonné des mouvements de troupes au Sinai pour rappeler à Israël que les accords peuvent être annulés.

Israël, forte du soutien américain, considère cette réponse peu crédible et engage même un ministère pour commencer à étudier l’expulsion des gazaouis .

Les derniers sondages montrent que plus de 60% des israéliens approuvent la solution Trump.

Dans la droite extrême israélienne de Ben-Gvir et Smotrich, des leaders n’envisagent à présent aucune autre solution pour le conflit . Il va s’en dire que la trêve actuelle n’est que ponctuelle et que Israël reprendra les combats pour diverses raisons dès qu’elle aura récupéré les otages du Hamas.

L’Arabie saoudite n’avait pas le cran de critiquer la solution Trump mais a exprimé laconiquement son refus et s’est précipitée pour organiser un sommet des pays arabes et musulmans qui, comme d’habitude, ne sera qu’un concert de doléances et de résolutions sans lendemain. Trump a même exigé un effort de plus de 400 milliards de dollars aux saoudiens. Cette somme augmente de jour en jour selon les ambitions et les projets du parrain.

Zelensky est perdu. Trump réclame l’argent avancé par les américains aux ukrainiens. Des 170 milliards avancés dans une guerre stupide initiée par le dictateur Poutine qui trouvera en face un président sans expérience et avec un Ego surdimensionné.
Trump veut confisquer les ressources en terres rares de l’Ukraine à hauteur de 400 milliards. Ceci rendra l’Ukraine déjà en faillite, endettée sur un siècle et sans aucune perspective pour son peuple, avec en prime un morcellement de son territoire.

Zelensky est à la croisée des chemins ; il est vraiment temps qu’il trouve une solution avec l’Europe, démissionne et laisse d’autres voix de négociation pour sortir l’Ukraine de l’impasse. Les consignes d’un Johnson qui a interdit à Zelensky de négocier avec Poutine dès le début de la guerre en lui assurant un soutien sans faille se sont avérées comme d’autres suggestions désastreuses .

Finalement sur ce dossier Macron, même s’il a renoncé très tôt, avait la meilleure stratégie pour apprécier l’avenir.

Trump menace et applique de sanctions maximales contre l’Iran avec une promesse à Netanyaou d’empêcher l’Iran de détenir la bombe. Ceci n’a pas emmené les iraniens à négocier comme l’espérait Trump. L’Iran répond qu’au lieu de vouloir déplacer les palestiniens comme le suggèrent les États Unis , il serait plus facile de déplacer les israéliens au Groenland !! Les gardiens de la révolution ont initié des manœuvres militaires de débarquement sur tous les rivages avoisinant avec un message fort aux voisins : si l’espace aérien, terrestre ou maritime sont ouverts à la flotte américaine ou israélienne, les pays concernés se retrouveront de fait belligérants et cibles de représailles. Le « guide suprême » a demandé des tests du nouveau missile à 1750 km . Dans la même veine il annonce, contrairement au président iranien qui voulait entamer des discussions avec Trump, que toute négociation avec le président américain est un déshonneur. Le ton est donné.

Et la France ? L’intervention de Macron et la conférence de presse paraissait détendre l’atmosphère et diriger les relations dans d’autres perspectives.

Il n’en est rien. Pendant la conférence même, les américains discutaient en secret avec les russes pour concocter une résolution commune. Jamais une telle trahison n’a eu lieu au cours du dernier siècle dans les relations diplomatiques entre la France et les États-Unis. Le conflit ukrainien sera réglé à la manière Poutine/Trump.

Deux hommes qui ne reculent décidément devant rien .

Nabil Ben Ghanem

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Nabil Ben Ghanem , conseiller National UDI et ancien conseiller municipal

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