Tous les yeux, toutes les ambitions sont rivés sur 2027, date de la prochaine élection présidentielle qui doit délivrer la France et nos concitoyens du blocage et des crises dans lesquelles nous sommes plongés depuis 2024.
À vrai dire responsables politiques de toutes obédiences et commentateurs sont obsédés par la présidentielle de 2027 depuis … 2022. Cette réélection d’Emmanuel Macron auquel les Français n’ont accordé qu’une confiance relative en ne lui donnant pas une majorité absolue à l’Assemblée nationale et avec la certitude qu’il ne sera pas candidat en 2027; la constitution lui en interdisant heureusement.
Les instituons de la Ve République et leur pratique, jusqu’à 2024 et les législatives issue de la dissolution ubuesque, garantissait la stabilité politique à partir de l’élection présidentielle dont tout procédait.
Cette croyance, réminiscence de notre histoire nationale multi-séculaire, en l’homme (ou la femme) providentiel auquel l’onction du suffrage universel conférerait des pouvoirs quasi de même nature « magique » que ce qui conférerait au roi de France le pouvoir de toucher les écrouelles.
Assurément le général de Gaulle fut l’homme providentiel en 1940 et en 1958. Napoléon, Jeanne d’Arc rencontrèrent les circonstances de l’Histoire et nourrissent encore le roman national de nos jours.
Mais reconnaissons que depuis de Gaulle le costume de monarque républicain semble trop grand à tous ses successeurs qui n’ont pu garantir à nos concitoyens le progrès, la sécurité et la grandeur de la France.
L’homme ou la femme providentiel n’existe pas dans une société de l’immédiateté, de l’individualisme échevelé et dans un pays où le premier enjeu est de re-faire nation.
Le patchwork que constitue aujourd’hui la représentation nationale et la composition politique de l’Assemblee nationale reflètent en réalité l’archipélisation de la société telle que la décrit Jérôme Fourquet. À laquelle il faut ajouter ceux de nos concitoyens qui se sont « retirés » de la vie démocratique en se réfugiant dans l’abstention et que Brice Teinturier a rassemblé sous la dénomination « PRAF, plus rien à foutre. »
De même que le mode de scrutin uninominal à deux tours ne garantit plus une majorité stable issue des legislatives, la bipolarisation de la vie politique a volé en éclat et ne garantit plus non plus la constitution de majorités politiques cohérentes.
Nos concitoyens assistent aujourd’hui effarés au spectacle politique désastreux issu de la dissolution et de l’éclatement politique qui en est issu. Ils nourrissent une défiance et une rancœur généralisées à l’endroit de la classe politique dans son ensemble.
Ils ont le sentiment légitime – en témoignent les débats budgétaires depuis deux ans – que leurs représentants sont incapables d’agir dans l’intérêt collectif et que, pire, ils passent par pertes et profits les problèmes du quotidien auxquels les Français sont confrontés: pouvoir d’achat, insécurité, santé, conséquences du changement climatique en tête.
Les grandes réformes et les décisions les plus impactantes sont reportées à 2027 par un gouvernement dont le seul objectif semble de durer et d’éviter une censure. Pendant ce temps là, la pays s’enfonce dans le surendettement, les Français souffrent et la France est déclassée au plan international.
Quel sera l’état d’esprit de nos concitoyens dans 18 mois?
Des sondages concordants semblent indiquer que le Rassemblement national et son président Jordan Bardella (en cas d’empêchement judiciaire de Marine Le Pen) semblent plier le match présidentiel avec des scores de premier tour qu’on ne voyait plus depuis très longtemps.
Cependant l’histoire politique nous montre que l’élu de l’année précédant la présidentielle est rarement le locataire de l’Elysée l’année suivante.
Et dans l’hypothèse où le RN entrerait à l’Élysée, les Français choisiront-ils de lui donner « les pleins pouvoirs » à travers une majorité absolue à l’Assemblée nationale, majorité qu’ils lui ont refusé même relative en 2024 ?
Quelle sera l’environnement international qui influera nécessairement sur l’élection comme ce fut le cas en 2022, trois mois après que la Russie ait envahi l’Ukraine?
Quel sera également le contexte intérieur en termes d’insécurité intérieure sur fond de narco-trafic galopant ?
En 2024 , nos concitoyens par leur votre, l’éclatement des blocs et la tripolarisation de l’Assemblée nationale ont envoyé un message à la classe politique: Entendez-vous au delà des combinaisons et des alliances de circonstances. Soyez à la hauteur des responsabilités que vos concitoyens vous ont confiées. Dépassez les postures politiciennes et explorez les chemins escarpés du consensus politique.
Rien ne dit en effet que les Français choisiront de revenir aux logiques antérieures des institutions de la Ve République. Et rien ne dit que l’Assemblée nationale qui sera issue d’élections législatives décidées par le prochain Président de la République ne ressemblera à l’actuelle chambre basse du Parlement, obligeant ainsi de nouveau les partis politiques à changer leurs paradigmes.
Et si 2027 ne changeait … RIEN? Pour que tout change enfin!



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