Mort de Mathis , symbole de l’impunité des criminels routiers.
Mathis avait 19 ans. Il est mort fauché par un chauffard multirécidiviste, conduisant à vive allure sous l’emprise de protoxyde d’azote après un refus d’obtempérer à un contrôle de police .
Fait divers et drame humain ?
Non, ce énième accident routier conséquence d’un refus de se soumettre au contrôle des forces de l’ordre est un fait de société, tant la banalisation de ces actes est malheureusement ancrée dans le quotidien de nos concitoyens et tant l’impunité de ces criminels routiers est patente.
L’individu auteur de cet homicide était connu des services de police et de la justice, multi-condamné pour des délits routiers et qui au moment des faits avait interdiction de conduire un véhicule.
Ce drame aurait il pu être évité ? Oui si les criminels routiers en puissance que sont les personnes se rendant coupables d’un refus d’obtempérer à un contrôle routier subissaient réellement la dureté de la justice et de la peine .
Aujourd’hui le sentiment, et même la réalité, de l’impunité sont la règle . En témoignent les trop nombreux exemples de ces accidents causés par des multirécidivistes qui ont fait du refus d’obtempérer la règle et la mise en danger de la vie d’autrui un mode de vie sans conscience ni compassion, sans remord ni responsabilité.
L’arsenal juridique est-il suffisant ? Si les circonstances aggravantes ont été renforcées en matière de délits routiers notamment dans le cadre de la conduite sous emprise de produits psychotropes, tel n’est pas le cas concernant le protoxyde d’azote, autrement appelé gaz hilarant . Produit en vente libre, dont les usages médicaux et culinaires ne sauraient être interdits mais que la consommation détournée questionne la vente libre autant que la qualification pénale de son usage détourné.
Au delà, la criminalisation du refus d’obtempérer doit être envisagée en ce que l’acte en lui même par son intentionnalité comporte une mise en danger d’autrui (forces de l’ordre, passants) automatique. On pourrait donc le qualifier d’homicide volontaire en cas d’accident entraînant la mort.
Au déjà la certitude d’exécuter sa peine, privative de liberté en cas de récidive, doit s’imposer. Nous vivons aujourd’hui ébahis sous le régime de la certitude de ne pas exécuter sa peine pour celles et ceux qui refusent de se soumettre aux contrôles routiers.
La question de l’exécution de la peine est bien évidemment une question et un enjeu de société plus vastes que le seul champ des délits routiers. Mais elle est aujourd’hui d’une acuité immédiate tant le nombre de faits de cette nature se multiplient.
La question de la victime doit être replacée au centre de la chaîne pénale et non plus seulement la situation du mis en cause.
Rien ne peut réparer la perte d’une vie mais le sentiment d’anonymat dans lequel se trouvent les proches des victimes dans la procédure judiciaire et dans l’appréciation de la peine à prononcer, comme dans son exécution, devient insupportable dans les circonstances de la récidive et des délits routiers.
De même les remises automatiques de peine ainsi que celles pour « bonne conduite » devraient être questionnées , et même limitées, lorsqu’il s’agit des faits dont nous parlons.
La peur doit changer de camp. Et les délinquants routiers ne peuvent faire exception à l’adage « force doit rester à la loi ».



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