L’action diplomatique d’Emmanuel Macron , singulièrement depuis la déroute des élections européennes et la dissolution ratée qui ont fini de décrédibiliser une parole présidentielle qui ne l’était déjà plus guère, se caractérise par le contre-temps.
>
> À contre temps de l’ensemble des puissances occidentales, après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le président français maintient un dialogue isolé avec Vladimir Poutine dont l’inutilité l’a disputé à l’inefficacité. Le chef du Kremlin qui poursuit un objectif expansionniste assumé sur un territoire qu’il considère comme historiquement intégré à la grande Russie n’a eu cure des rodomontades du locataire de l’Elysée qui, dans le même temps affirmait le soutien sans faille de la France à la cause ukrainienne. À tel point qu’il évoqua le premier , quand tous les dirigeants européens en rejetaient la perspective, l’idée d’envoyer des troupes en soutien de l’armée de Kiev.> Résultat : rien y compris les tentatives de Donald Trump revenu au pouvoir aux États-Unis n’a réussi pour le moment à dévier la Russie de son objectif : acquérir un maximum de domination territoriale à l’Est de l’Ukraine , déstabiliser chaque jour un peu plus l’armée ukrainienne et saper la légitimité de Zelensky. Mais la France est devenue une cible privilégiée des campagnes de désinformation et des cyber attaques menées par le pouvoir russe contre l’Occident.
>
> Deuxième exemple de la faillite diplomatique macroniste : l’Algérie. Malgré une repentance mémorielle indécente et insultante pour les rapatriés et leurs familles , les harkis et leurs descendants , Emmanuel Macron a choisi en octobre 2024 de rompre avec la prudence antérieure en reconnaissant la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental , contestée historiquement par le grand voisin algérien . Si cet acte isolé, sans aucune concertation politique intérieure ni prévention extérieure avec Alger, a eu pour effet un réchauffement des relations entre Paris et Rabat – relations qui n’étaient détériorées que par la restriction des visas marocains voulues un temps par M. Macron – le pouvoir algérien de Tebboune en a pris prétexte pour lancer une véritable fatwa intérieure contre l’ancien colonisateur ainsi qu’une campagne de déstabilisations sur le sol Français à travers des influenceurs appelant à la haine et à la violence contre la France.
L’humiliation suprême est intervenue avec l’incarcération de Boualem Sansal écrivain bi-national connu pour ses écrits libéraux parfois très critiques envers le pouvoir algérien.
Humiliation qui a pris une teneur supplémentaire , malgré les gesticulations , et celles du Ministre des affaires étrangères ridiculisé sur le sol algérien, avec l’absence de grâce présidentielle après la confirmation en appel de la condamnation de Boualem Sansal et son maintien en détention malgré la maladie et un état de santé fragile . Nos diplomates de pacotille rechignant à établir un rapport de force avec le pouvoir algérien , seul langage audible et légitime dans la situation , par leur inconséquence ont aggravé la situation et mis encore un peu plus en danger la vie d’un de nos compatriotes. L’incarcération tout aussi infondée en droit du journaliste Christophe Gleize est une preuve et conséquence de plus de l’incurie macroniste. Le récent raidissement de la position présidentielle vis-à-vis de l’Algérie doit d’ailleurs plus tenir de calculs de politique intérieure que de colonne vertébrale extérieure…
>
> Les exemples pourraient être multipliés, de l’annonce de la reconnaissance prochaine de l’Etat palestinien par la France à la réception en grande pompe à l’Elysee de l’ancien djihadiste ayant conquis le pouvoir en Syrie et se livrant aujourd’hui à un nettoyage ethnico-religieux dans plusieurs parties du pays, de la situation de l’Ouest africain où la France s’est littéralement « fait virer » comme une malpropre au dossier iranien où les déclarations françaises n’ont eu pour effet la aussi que la prise d’otage d’un ressortissant franco – allemand par le régime des mollahs. Toute l’action internationale pour laquelle Macron déploie pourtant une énergie qui n’a d’équivalent que son arrogance , est un échec total relayant notre pays au rang de puissance moyenne régionale .
> Échec du « en même temps » à l’intérieur , échec du contre-temps à l’extérieur il est grand temps que la parenthèse macroniste se referme.
0 commentaires